lundi 29 décembre 2014

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"Reinventing Organizations", le livre de l'année 2014

Cher Frédéric,

Mille mercis. Mille mercis pour ce travail magnifique qui vient à point nommé répondre aux quelques questions que nous nous posions encore. Et qui vient aussi, peut-être même surtout, nous conforter dans les choix de vie que nous avons fait, en nous relatant la satisfaction de ceux qui ont déjà pris cette route, et qui y ont trouvé l'épanouissement auquel nous aspirons.

J'ai pris quelques notes au regard de notre propre expérience à Officience, dont j'aimerais te faire part en retour.

To CEO or not to CEO ?


Tout d'abord, comme tu l'évoques plusieurs fois, il reste un rôle central dans toutes ces organisations, que le titre de "CEO" reflète assez mal. Ce n'est pas le chef de l'exécution, et pourtant tous les regards sont tournés vers lui. Il y en a toujours un, et un seul. Son renouvellement met en danger la pérennité de l'organisation en mode Evolutionnaire. Même  Linux et Wikipedia sont dotés d'une personnalité emblématique les représentant. La question est donc : le job de CEO est-il soluble dans les organisations Evolutionnaires ?

Une fois qu'il a cédé son pouvoir à la "Constitution", que ce soit sous cette forme, ou dans des fiches, ou un manuel, je tiens que le rôle essentiel de cette personne est de garder tous les yeux braqués dans la même direction, d'être le porte-drapeau de la Raison d'être, la Cause. Et ceci est utile car de manière très pragmatique, il est beaucoup plus simple au quotidien de suivre quelqu'un qui symbolise ces idées, que de suivre les idées directement.
C'est clairement un rôle important, crucial même, mais je ne vois pas de raison de principe pour qu'il n'y a pas plusieurs porte-drapeau, tant que tous soutiennent la même cause.
Il y a donc un rôle de Gardien des Causes, qui peut être partagé parmi plusieurs personnes. Mais ce rôle, pas plus qu'un autre n'a de raison d'être un titre. Je ne pense pas qu'il faille chercher un nouveau titre pour remplacer le terme "CEO", de même qu'aucun autre titre (CFO, CMO, COO ...) n'a d'équivalent.
Mon pari est donc que oui, malgré le fait que les observations actuelles me contredisent, je pense que le rôle de CEO est soluble et que nous parviendront au sein de la Tribu Officence, à nous doter de plusieurs "Gardien des Causes".
Ceci dit, pour répondre au besoin des Etats, des médias, et autres institutions, il reste souvent nécessaire de pouvoir donner un seul nom pour représenter l'organisation toute entière, et si il est parfois possible de jongler un peu, il faut quand même savoir faire preuve d'ouverture d'esprit en acceptant d'entrer dans les cases toutes faites que la civilisation Orange a modelée dans la culture commune.

Tribus sans frontières

Tout au long de la lecture de ton livre, j'avoue avoir été quelque peu dérangé par l'absence de remise en question des organisations, de la forme d'entreprise telle qu'on la connait. L'anthropomorphisme consistant à imaginer une conscience à l'organisation me gêne. En effet, pourquoi penser encore en organisation ? Ce n'est que dans le tout dernier chapitre, qu'enfin, à mon grand ravissement, tu explores comme la fin des organisations fermées comme un futur possible.
Pour ma part, je ne vois pas cela comme un hypothétique futur, je le vois déjà mis en oeuvre aujourd'hui au sein de Linux, Ouishare, ou MakeSense et nous nous efforçons aussi de notre côté à le mettre en pratique. Je vois le monde des idées, des causes, comme autant de "totems" autour desquels nous, être humains, nous prenons position avec plus ou moins d'affinité, de proximité. Il y a bien un point focal, mais il n'y a pas de limite, pas de barrière. Juste des gens plus ou moins proche du foyer, là où se trouvent les Gardiens de la Cause qui essaient, comme ils peuvent, de rallier les gens à leur Cause pour constituer, tout autour (du totem, donc d'eux), la plus grande Tribu possible. Les Tribus n'ont pas de frontières, et nous appartenons tous à plusieurs d'entre elles, avec plus ou moins d'engagement dans chacune.

Dans la Tribu, il y a des gens qui ont ouvert des comptes en banque, comme une grosse caisse commune, un trésor de guerre qui permet de financer des actions visant à promouvoir la Cause. Parmi ces actions, on paye des gens à plein temps, d'autres à temps partiel, d'autres à l'heure, parfois à l'acte, de manière opportuniste, selon leurs besoins et les décisions de chacun. Deux entreprises qui partagent la même Raison d'Etre ne sont en effet pas concurrentes : ce sont simplement deux "pots communs" qui se sont crées dans la même Tribu.
Par contre chaque être humain n'a que 24 heures dans sa journée, et son défi quotidien consiste à décider des Causes auxquelles les allouer. C'est là que se trouve toujours de la rareté et donc une compétition : un concurrent, c'est une Tribu qui essaie de capter les gens vers une autre cause.

Biomimétisme, effectuation et overglorified leadership

J'aime et j'utilise beaucoup, comme toi dans ton livre, l'allégorie du Vivant pour évoquer notre organisation : mécanismes d'autorégulation homéostatiques, lois d'équilibre naturel... mais j'avoue qu'au fond de moi-même une petite voix résonne et objecte : la nature est cruelle, sommes-nous vraiment prêts à jouer ses règles jusqu'au bout ? La sélection naturelle c'est aussi la loi du plus fort, c'est aussi accepter une certaine fatalité dont je me demande si, collectivement, nous sommes prêts à faire face.

Le chapitre sur la stratégie m'a fait penser à la théorie de l'Effectuation de Saras Sarasvathy, qui se prête bien à des organisations ouvertes.

Un passage sur le leadership m'a fait penser à Derek Sivers qui, dans un de mes TED talks favoris, explique que "The true leader is the first follower"

Toujours plus de questions...

J'ai enfin deux questions sur lesquelles j'aimerais avoir ta réponse, mais le temps étant, comme j'écrivais plus haut, une ressource précieuse, je t'invite à n'y répondre que lorsque tu jugeras que l'effort en vaut la chandelle. C'est pourquoi je vais les poster sur la plate-forme Curious, en espérant rencontrer au fil du temps de nombreuses personnes intéressées également par ces questions et qui se joindront à moi pour diffuser ta réponse. Pour l'heure, ta réponse ne profiterait qu'à moi et cela serait, je trouve, bien dommage.
  1. La première question que je me pose est : puisque ces nouvelles organisations semblent restaurer un équilibre de considération entre les principes masculins et féminins, pourquoi les dirigeants de toutes les organisations étudiées dans ton livre sont des hommes ?
  2. La deuxième question porte également sur ton étude : il semble que toutes les entreprises que tu cites dans ton livre sont des succès, au sens où elles parviennent à opérer de manière pérenne et dans l'épanouissement de leurs acteurs. N'as-tu pas rencontré dans tes recherches des entreprises qui auraient essayé d'adopter des principes de fonctionnement Evolutionnaires et qui auraient échoué ?
Encore une fois, c'était pour moi une chance incroyable d'avoir pu te rencontrer, le timing est parfait, je le prends comme un signe du Destin !

Merci encore,
Duc

jeudi 2 octobre 2014

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Publiez Flore Vasseur !

Chers amis,


TED Global 2014 démarre à Rio la semaine prochaine.
Comme l'année dernière, la romancière-entrepreneur Flore Vasseur y sera.
Mais contrairement à l'année dernière, ses articles ne seront pas publiés dans les pages du Monde, ni d'aucun autre journal...
Elle a donc décidé de bloguer sous licence Creative Commons, sur le thème "Les nouveaux visages de la liberté d'expression".

Nous sommes quelques-uns à penser que c'est à la fois une triste nouvelle et une opportunité. Mais pour l'heure, je voudrais vous parler de l'opportunité.

Nous n'avons pas besoin des grands titres de presse pour être informés. Il est grand temps de montrer que Facebook peut parfaitement servir du journalisme de qualité, si nous nous en servons bien, plutôt que des chats et des seaux d'eau.

Je vous propose donc de participer à l'expérience suivante : Pour la durée de TED Global, abonnez-vous à Flore Vasseur et repartagez systématiquement ses articles afin de leur donner la résonance qu'ils méritent* !

Yanaï est en train de développer une Facebook app qui nous permettra de faire cela simplement : autorisez l'app une seule fois et celle-ci publiera ensuite pour vous en temps réel tous les articles écrit par Flore Vasseur.

Pour être invités dans l'application dès qu'elle sera prête, likez ce post, commentez, faites signe à lui ou à moi pour qu'on vous l'envoie !


IL SUFFIT QUE NOUS SOYONS 100 A RELAYER POUR LUI OFFRIR ENSEMBLE L'AUDIENCE D'UN GRAND QUOTIDIEN NATIONAL !!

N'hésitez donc pas à repartager l'information pour mobiliser l'audience maximale !


mardi 5 août 2014

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Un moratoire pour l'innovation ?

Le groupe de presse Axel Springer a récemment investi dans le moteur de recherche français Qwant... à condition que ce dernier s'engage à continuer de défendre la vie privée de ses utilisateurs. S'il s'agit avant tout un coup marketing de la part de son patron Mathias Döpfner, qui a déjà exprimé son impuissance face à Google, il faut quand même noter que le thème des libertés individuelles revient de plus en plus fréquemment chez les démunis du numérique.

J'assistais d'ailleurs récemment à une conférence "Web we want - De la souveraineté numérique"
sous-titrée "comment protéger nos libertés fondamentales dans la société connectée ?"

Après une très bonne intervention de Nicolas Colin en introduction ("La souveraineté numérique c'est un enjeu de guerre économique : est-ce que nous allons rester parmi les pays les plus développés du monde ?"), la conversation s'est malheureusement enlisée, cristallisée autours de lieux communs sur le droit à l'oubli ou les "révélations Snowden".

A la fin, on n'y parlait plus que de la protection des citoyens Européens face aux grandes oreilles de la NSA.

Dès qu'on parle de souveraineté, les gens sautent sur des notions de blocage et de défense, au lieu de se demander si nos règles d'hier seront toujours d'actualité demain.

Car il ne faut pas oublier où naît la souveraineté. En nous constituant en nations, nous abandonnons tous une partie de nos libertés individuelles (p.ex. circuler absolument n'importe où, jeter nos déchets où bon nous semble ou chanter très fort toute la nuit) au profit d'une sécurité, d'une productivité et d'une prédictibilité accrues. En acceptant de rouler sur le côté droit de la route, et confiant que les individus qui arrivent en face seront rangés de l'autre côté de la même route, je peux rouler nettement plus vite.

Notre souveraineté c'est surtout ce que notre nation, via nos instances représentatives, fait de ces libertés fondamentales cédées ou mutualisées (devenues lois ou règles de vie), et les moyens qu'elle met en oeuvre pour les protéger. Les choix sociaux-culturels qui en découlent sont profondément différents d'un groupe à l'autre. Certaines nations pensent que la protection des individus passe par l'autorisation pour tous de porter ou posséder des armes à feu, tandis que d'autres les réservent aux policiers, que d'autres encore ne muniront que de bâtons, afin de réserver les armes létales à l'armée ou à des unités de police spécialisées.

GAFA Game of Thrones, (c) David Parkins / The Economist

Trop d'individus n'ont pas conscience de ce mécanisme... d'où la montée en puissance des géants du Net. Car de la même façon, en leur confiant nos photos, nos goûts, nos données personnelles, pour qu'ils les transmettent à ceux qu'on aime, nous aident à mieux acheter pour moins cher, organiser notre prochain voyage... c'est une partie de nos libertés fondamentales que nous leur cédons. C'est en fait un nouveau pacte que nous nouons avec ces acteurs, leur donnant de facto un pouvoir et des responsabilités énormes. On légitime ainsi une forme de souveraineté trans-nationale. Mais le souci, c'est que la loi de marché à laquelle ces acteurs économiques sont soumis, ça n'est pas la démocratie ! Le code (code is law!) généré par ces monstres du numérique ne passe pas par des chambres législatives élues par leurs utilisateurs.

Le Pacte de 1978 est obsolète !

Le vote, en 1978, de la loi informatique et liberté, équilibrait deux éléments clés : d'une part les moyens de stockage et de traitement de données de l'époque (et leur évolution prévue) et d'autre part les mœurs et la culture d'une société qui avait mesuré les errements possibles liés à la constitution de fichiers concentrés entre les mains d'un nombre restreint d'individus sans être assortis de mécanismes de régulation.

Il me semble évident que ces mœurs ont évolué, et que pour bénéficier de certains services, nous sommes aujourd'hui prêts à communiquer des informations que nous n'aurions jamais accepté de lâcher il y a 35 ans. Or à quelques ajustements près, la CNIL continue de se baser sur le contrat social de cette époque, et essaye de préserver les libertés individuelles des citoyens Français sur une base proche du "pacte" de 1978.

dessin (c) 1997 Charles Schulz / parodie: inconnu

En un sens, c'est avant tout l'innovation en France (et en Europe) qui en souffre, car dans un marché mondialisé, nous ne pouvons pas jouer à armes égales avec nos concurrents étrangers.

Si j'étais - à moi tout seul - la CNIL, je mettrais en place un moratoire : j'abaisserais les exigences des startups et projets innovants en matière de vie privée au même niveau que les entreprises américaines, pour leur permettre d'innover et capter de la valeur. Des discussions européennes ou mondiales finiront bien par converger vers de nouvelles règles - qui distingueront probablement la territorialité de la société (siège social) de ses serveurs (lieu physique de stockage et traitement) de celle de ses usagers. Il sera alors temps d'y soumettre simultanément tous les acteurs, nationaux et extra-territoriaux.

Au moins, cela nous permettrait dès à présent de jouer "à armes égales" à l'échelle mondiale.

Mais je ne suis pas la CNIL, et je crois que la meilleure option pour beaucoup d'innovateurs et startupers qui veulent s'attaquer au marché mondial reste pour l'instant de partir s'installer à l'étranger :'(

vendredi 25 juillet 2014

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La French Tech rayonne jusqu’en Asie

De passage au Vietnam, Fleur Pellerin découvre et approuve le mouvement La French Tech Viet.

De retour de son voyage en Australie pour le G20, la secrétaire d’Etat au Commerce extérieur a fait une escale de deux jours au Vietnam. Venue rencontrer les jeunes VIE (Volontariat International en Entreprise) lors d’un cocktail à l’ambassade de France à Ho-Chi-Minh Ville le 20 juillet, Fleur Pellerin découvre parmi la centaine d’invités un certain nombre de personnes portant un badge « French Tech Viet ».

Le pot du consul hacké

Une trentaine d’entrepreneurs français installés au Vietnam ont pour ainsi dire « hacké » l’évènement officiel pour lancer ce mouvement spontané, la French Tech Viet qui fait écho à la French Tech en France.

Fleur Pellerin a été conquise par le concept, comme en témoigne son tweet :

Il faut dire que la French Tech, c’est un peu son bébé. Et si le numérique n’est plus sa principale occupation, elle reste attachée au rayonnement de la France dans ce domaine. Elle peut être fière de La French Tech Viet qui s’inscrit dans cette démarche de promouvoir l’excellence de la tech française dans le monde.

Le soir-même elle postait sur sa page Facebook :
« J’ai enfin de riches échanges avec la communauté française présente dans ce pays – les Français au Vietnam, nos 60 jeunes qui y sont partis en VIE (Volontariat International en Entreprise, suivis par Ubifrance), la FrenchTechViet !... Ensemble, nous devons faire gagner nos entreprises françaises et donner envie aux investisseurs vietnamiens de miser sur la France et ses atouts ! »


Le lendemain, Fleur Pellerin rencontrait de manière plus officielle les représentants de la French Tech Viet lors d’un meeting au Sofitel. L’occasion pour le mouvement de présenter les grandes lignes de leur projet. Sans s’engager concrètement, la secrétaire d’Etat a approuvé l’initiative et annoncé qu’elle soutiendrait le projet. Elle attend maintenant à voir le modèle économique.

Mais qu’est-ce donc, La French Tech Viet ?

« La French Tech Viet vient booster l’innovation et l’entrepreneuriat, en s’appuyant sur les expertises et la complémentarité depuis le Vietnam. » C’est ainsi que les initiateurs définissent leur projet. Petit retour sur la genèse du mouvement.
Le Vietnam ouvre des opportunités intéressantes pour les créateurs d’entreprise high-tech : compétences locales bon marché et de qualité, marché du numérique en pleine expansion notamment sur le mobile, qualité de vie, passé historique entre les deux pays…
Pour les entrepreneurs au Vietnam, il existe des structures comme les CCI française et européenne. L’EID (Entreprendre Investir Développer) et PME Corner par exemple sont deux dispositifs organisés par Julien Brun, administrateur et vice-président de la CCIFV (Chambre de Commerce et d’Industrie Française au Vietnam), et qui permettent aux porteurs de projets de rencontrer des investisseurs. On voit également fleurir des initiatives locales telles que les Barcamp Saigon, TechCamp, Agile Vietnam, Fablab Saigon, Girl Geek dinner...
Bref, ça bouge, mais les entrepreneurs français restent relativement isolés. Pourtant, la communauté tech existe : plus de 300 personnes, une cinquantaine de startup.
Plusieurs conjonctures vont favoriser l’émergence du mouvement : un projet de création d’un French Tech Hub Asie, un projet de Maison de la France à Ho Chi Minh Ville dans laquelle un étage pourrait être réservé aux startups, et enfin la visite de Fleur Pellerin au Vietnam. C’est sans doute ce dernier évènement qui déclenche la mobilisation.
Une petite communauté se forme autour de Kevin Villareal et Nicolas Embleton, deux startupers ainsi que d’Anaïs Victor, Quynh Huong Duong et Sylvain Pierre tous trois d’Officience et impulsée par Duc Ha Duong, d’Officience à Paris.

Nicolas Embleton et Kevin Villareal, deux des membres fondateurs de la French Tech Viet
Kevin Villareal est un peu l’initiateur du mouvement. Installé au Vietnam depuis 5 ans, il travaille d’abord pour Elca, une entreprise suisse puis décide tout récemment de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale en créant le service diMovie.vn, un équivalent d’Allociné et de cinemur.fr pour le marché vietnamien. A ce titre, il incarne l’entrepreneur français au Vietnam nouvelle génération, qui se lance sans grands moyens sur le marché émergeant du numérique. Son projet est sélectionné par l’EID et c’est à ce titre qu’il est invité au cocktail et au meeting avec Fleur Pellerin. Pour Kevin, la French Tech Viet c’est « la complémentarité entre nos deux pays et je ne parle pas seulement de l'expertise versus le coût de la vie pour les startupers et du travail pour les entreprises mais du fait que les vietnamiens entreprennent de manière décomplexée là où nous attendons tout du gouvernement. »
Nicolas Embleton est installé au Vietnam depuis 10 ans. Consultant en ingénierie logicielle et CTO pour des entreprises implantées localement, il fonde la startup Datafield spécialisée en collecte de données. Pour Nicolas, la French Tech Viet pourrait être un moteur de l’innovation, de création de propriétés intellectuelles qui pourraient intéresser des investisseurs français ou étrangers. Les Japonais par exemple sont très friands de robotique et il existe une véritable compétence française dans ce domaine. Ho-Chi-Minh Ville pourrait être la plate-forme tech en Asie, avec des labos de recherche soutenus par des groupes français.

Devenir le French Tech Hub Asie

L’objectif de cette communauté est de rassembler les membres de la communauté French Tech installés au Vietnam, pour stimuler l’entrepreneuriat en s'appuyant sur la complémentarité des expertises et des environnements socio-économiques entre la France et le Vietnam. A terme, l’ambition est de devenir la French Tech Hub pour l’Asie, à l’image du French Tech Hub de San Francisco inauguré en février dernier.
En quelques jours un groupe Facebook est lancé, un logo est créé en détournant gentiment le logo officiel de la French Tech avec un chapeau conique, et les bases de la vision sont jetées. La mission est encore floue, mais le groupe envisage déjà du networking, du mentoring, du soutien technique et du coaching pour les démarrages de projet.
Grâce au soutien de Jérémy Odoux, fondateur du Club VIE et Guillaume Crouzet directeur de la CCIFV, le groupe de techs aux chapeaux coniques aura l’occasion d’approcher Fleur Pellerin, avec le succès escompté et d’obtenir un meeting de 45 minutes le lendemain.
Le mouvement est lancé et approuvé. La balle est désormais dans le camp de la French Tech Viet qui doit transformer cet essai pour devenir le French Tech Hub Asie. Maintenant, les membres attendent de pied ferme la visite d’Axelle Lemaire. Leur secrétaire d'Etat officielle connait bien en effet le Vietnam pour y avoir vécu un temps. D'ici-là, les projets des uns et des autres auront eu le temps d'avancer voire d’éclore.
Hashtag : #frenchtechviet

Pour insérer le logo de la French Tech Viet sur sa photo de profil : OME Android et OME iOS

jeudi 19 juin 2014

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The Kase study

C'est officiel : Sculpteo fait donc le deuil du grand public en décidant de se concentrer sur les activités B2B. Quel dommage, un beau rêve qui s'envole. Etaient-ils trop en avance sur leur temps ? Ou manquent-ils des ressources financières nécessaires à déployer un tel virage de nos habitudes de consommation ?
J'ai lu dans un bouquin (hint: il y a le mot "multitude", dans le titre...) qu'il était important de commencer par une killer app pour forger la relation avec sa multitude. Par exemple Withings avec une balance, Nest un thermostat, Uber le transport de personnes... Le nom et le positionnement de Sculpteo étaient peut-être un peu trop "à large spectre" pour réussir à accrocher une première tribu... Ceci dit il est difficile de ne pas penser à toutes ces autres sociétés qui ont organisé une "fuite en avant" vers le premium (Un exemple : G7 avec le club affaires, Air France avec sa premium eco) et qui laissent entrer des acteurs innovants par la masse. Bon c'est toujours facile de commenter à posteriori... 

Souhaitons tout de même bonne chance à Sculpteo B2B !

Mais pendant ce temps-là ...


Avez-vous vu un de ces magasins "The Kase" apparaître près de chez vous ? Il s'agit du dernier projet en date des frères Rosenblum, les fondateurs de Pixmania, une des plus belles success story du e-commerce français des années 2000.
La page LinkedIn de l'un deux détaille :
September 2012, the Rosenblum brothers founded The Kase (www.thekase.com) to become the largest retailer of fashion accessories for smartphone and tablets. After 15 months of operation, already 140 shops have been opened in 8 countries.
Des boutiques pas gigantesques mais toujours à des emplacement premium, de grande affluence. Et pour vendre quoi ? Des coques personnalisées pour votre téléphone. 140 boutiques ? Juste pour des coques à iPhone ? Comment ça peut marcher ça ? Je me le demande d'autant plus que je ne vois jamais trop de monde dans celle qui est en bas de chez moi... Et je m'inquiète d'autant plus en pensant aux déboires de Tie Rack dont le positionnement ressemble bien similaire. Sauf que ...

Les boutiques Kase sont équipées d'une magnifique imprimante à autocollants sur mesure. Un autocollant sur votre téléphone, c'est bien, mais aux yeux de ceux qui aiment ça, ce n'est pas aussi bien qu'une coque sculptée sur mesure ! Les boutiques sont toutes assez spacieuses pour accueillir une découpeuse laser et quelques imprimantes 3D. Le pas à franchir, une fois les boutiques en place et une première clientèle acquise qui aime bien les petits objets personnalisés, n'est plus bien grand pour obtenir le premier réseau d'impression 3D de France ...

Bonne chance aux frères Rosenblum !

mercredi 11 juin 2014

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Jeu & enchantement

Merci à Antoine Brachet du mouvement des Barbares de vous raconter dans ce billet la un-conférence à laquelle nous avons participé ensemble.
Kinnernet n'est pas un lieu.
Kinnernet ne se définit pas au regard d’un objectif qui aurait été préalablement fixé.
Si tel était le cas, Kinnernet aurait été un échec.

Kinnernet ne vaut que par les personnes qui y sont rassemblées, qui toutes partagent une curiosité incessante et un optimisme indestructible.
Le dîner d'accueil doit d’abord être compris à l’aune d’un critère : le nombre de décibels. Alors même que la plupart des personnes y assistant ne se connaissaient pas quelques heures auparavant, l’ouverture des participants, leur volonté de comprendre, d’apprendre a donné lieu à ce brouhaha brouillon duquel seul peuvent naître de nouvelles idées, véritablement innovantes.



Il suffit au participant avisé de se joindre à n’importe laquelle des conversations en cours pour être accueilli à bras et esprit ouvert, et naturellement, tout naturellement, de s’intégrer à la conversation.

Pas de processus de pensée pré-formatée, surtout pas. Simplement un enthousiasme commun, une Funergy comme l’un d’entre nous l’a si bien résumé en clôture.

L’écoute est permanente. Le jeu aussi, seul moyen de dépasser les contradictions de la pensée pour avancer, seul moyen pour l’intelligence de concilier les impératifs opposé de l’intelligence : créativité et efficacité.

Il faut parler aussi des interventions préparées par une grande partie des participants.
J’ai rarement autant appris en aussi peu de temps. Certains esprits chagrins pourraient parler de brouillon. J’ai pour ma part une théorie du bégaiement, selon laquelle la seule et unique preuve qu’un esprit ou un groupe est en train d’avancer est associé justement à cette volonté de se détacher des idées acquises, qui permet la construction de la pensée et qui se traduit par un bégaiement de bon aloi…

Le temps aussi à Kinnernet est pour tous une parenthèse. Il permet de se rencontrer…Et surtout de se re-rencontrer. D’aller au delà de l’écume d’une première conversation, d’associer les idées de manière itérative et de les faire progresser, ensemble.
On pourrait dire la même chose de l’espace dans lequel s’inscrivent ces rencontres, propice aux discussions en groupe restreint, plus étendu…Ou bien de réflexion avec soi même.
Il me faut donc remercier mille fois les organisateurs, et particulièrement Jérôme Cohen et Marc Goldberg. Ils ont trouvé la formule magique, somme de tout ces petits riens qui auront permis ce moment enchanté.
Je crois n’avoir jamais fait autant de rencontres, toutes plus passionnantes les unes que les autres. Et tous ceux que j’ai eu la chance et le bonheur de croiser m’ont indiqué partager le même sentiment.
Nous nous reverrons...





L

lundi 12 mai 2014

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Twitter pour de vrai ? (interview sncf)

En mars dernier, Duc Ha Duong et moi donnions une interview pour sncf.com, concernant l'usage de Twitter et des réseaux sociaux dans les grandes entreprises. Elle faisait suite à la réalisation que Bénédicte Tilloy, directrice générale du Transilien, est une véritable patronne 2.0 qui ne se l'avouait pas encore. C'est avec beaucoup de plaisir et de fascination que nous avons découvert cette perle rare qui a entrepris il y a déjà un moment d'équiper tous ses agents de smartphones, et s'est mise à échanger directement sur Twitter avec le public, ses agents, et les usagers.
En voici la retranscription.

Sncf.com : Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

DHD & YZ : Formés à l’excellence de l’ingénierie française traditionnelle, nous avons pris conscience au travers de nos expériences entrepreneuriales respectives de l’ampleur des enjeux sociétaux auxquels la France fait face. Depuis, alarmés de voir notre économie nationale rater le virage du numérique, nous militons au sein du mouvement des Barbares pour accompagner l’Etat et les grandes entreprises françaises comme GDF Suez ou Orange face à cette “disruption”. Nous tenons un blog, l’Avenir Appartient, dans lequel nous partageons nos expériences.

Sncf.com : En tant qu’auteurs, et spécialistes des nouvelles technologies, quel est votre avis sur l’utilisation de Twitter par les dirigeants des grandes entreprises, en France ?

DHD & YZ : Nous regrettons bien entendu que les patrons français ne soient pas assez engagés sur Twitter ; non seulement eux mais également tout le management intermédiaire qui a tendance à s’autocensurer. Nous pensons que cette situation vient de deux malentendus à dissiper. D’une part Twitter est souvent vu comme un nouvel outil de mass-média traditionnel : des messages formatés, planifiés, préparés par un service de communication, de diffusion massive. Or Twitter est mieux décrit comme une “conversation globale”. Il faut s’imaginer à table avec des amis : vous exprimez une opinion à la cantonade, et parmi ceux qui décident de vous écouter, si l’un répond, vous le regardez et vous tournez vers lui pour continuer, tout en étant conscient que les autres sont toujours là, à écouter. D’autre part, les patrons imaginent que s’ils s’y mettent eux-mêmes, ils seront immédiatement noyés sous un flux ingérable de sollicitations, puisque n’importe qui peut les apostropher directement. Or l’expérience démontre que ce n’est pas le cas ; il suffit d’observer le flux d’une personnalité comme Fleur Pellerin pour s’en convaincre.


Sncf.com : Bénédicte Tilloy, la directrice de Transilien, utilise, elle, beaucoup Twitter. Quel regard portez-vous sur l’utilisation qu’elle fait de Twitter ?

DHD : On observe deux flux. A court terme, elle échange en temps réel (infos incidents, évènements exceptionnels, humeurs et idées des usagers et des agents). Les interactions de ce genre, en se développant, devraient se distribuer parmi le personnel et les partenaires de la SNCF, à mesure qu’ils adoptent Twitter. Le conducteur du train est bien mieux placé qu’elle pour annoncer qu’il y a un rail cassé ! En parallèle, il y a des échanges plus transverses : mise en avant des causes et missions de la SNCF, aussi bien envers les usagers qu’envers ses agents, et transmission de pratiques et savoirs.
YZ : Mais surtout, l’accumulation de toutes ces courtes expressions, dans un langage concis, dessine en filigrane le visage humain, le cœur, les pensées et l’identité de l’auteur. Derrière les données factuelles, c’est l’humain qui transparaît, et ce qu’elle communique, c’est aussi de la confiance, des sentiments, un compréhension des causes auxquelles elle est attachée. Il s’en dégage une image “vraie”, c’est-à-dire non manipulée par une réflexion consciente préalable, qui nous rassure sur l’authenticité de son discours. C’est extrêmement difficile de maintenir, sur la durée, une fausse image de soi sur Twitter. Ce dernier élément est crucial car c’est lui qui redonne de l’humanité dans les interactions entres individus, et ceci pas seulement sur Twitter !

Sncf.com : Le 5 février, elle a diffusé le message suivant : « J’encourage tous les agents Transilien à ouvrir un compte Twitter pour partager info avec voyageurs ». Qu’en pensez-vous ?

YZ : Elle fait son job. C'est dans la mission des cadres dirigeants de voir les changements venir (technologique, sociétaux) et d'accompagner leur organisation dans ce sens. Si la taylorisation de notre économie a créé un rôle de conducteur du train anonyme remplissant une fonction déshumanisée, dans quelques années ça sera le contraire: avec un monde plus transparent et une information qui circule quasiment sans frottement, le public sera outré par l'indifférence d'un conducteur qui, dans sa mission de transporter de milliers de personnes à l’heure et en sécurité, n'échangerait pas avec eux en cas de besoin. Ce que l’on pardonnait hier car la technologie était limitée, on ne l’accepte encore aujourd’hui que parce que les mœurs mettent du temps à s’adapter. Mais une fois cette mutation achevée, les générations futures se demanderont comment il a pu enYZ : être autrement !
DHD : A y regarder de plus près, ce que fait Bénédicte Tilloy c’est donner la permission à des gens qui l’avaient déjà… mais ne le avaient pas ! Utiliser Twitter n’a jamais été interdit, ça n’existait simplement pas. Les conducteurs ont enfin la possibilité technique de parler en direct aux gens à quai, ou ailleurs, et plus seulement dans les rames. A eux de la prendre, cette permission, d’oser affirmer leur identité, mettre visage humain derrière le rôle fonctionnel, et inventer les coutumes de demain.



Sncf.com : Elle se dit convaincue par le fait qu’agents Transilien et clients peuvent se parler et échanger directement. C’est une position inédite, non ? C’est à encourager ?

DHD : Une position inédite, absolument pas. Une position inédite dans une grande entreprise française, certainement ! C’est difficile pour les décideurs de quitter un modèle qui a fait ses preuves pendant tant de décennies, mais c’est pourtant indispensable. Posons-nous la question dans l’autre sens : pourquoi ne pourraient-ils pas se parler ? Techniquement, d’être humain à être humain, on le peut toujours. Ce qui nous choque dans cette proposition, c’est l’idée d’évoquer l’agent Transilien comme un être humain. N’est-ce pas l’inverse qui devrait nous choquer ? Las, l’organisation scientifique du travail pour laquelle nous avons été éduqués depuis notre première jeunesse nous a inculqué l’art de se comporter au travail, de manière soi-disant “professionnelle”, c’est à dire dépassionnée, prévisible, et indifférenciable du travail d’un autre.

YZ : Aujourd’hui, on ne veut plus d’un spot TV ou d'un SMS automatique qui nous explique qu'un technicien anonyme répare un défaut sur une voie. On veut une personne, on veut un être humain qui nous comprend, qui pense à nous et nous le dit dans ses mots. Et s’il est maladroit, tant mieux, au moins ça n’est pas de la langue de bois, ça n’est pas une machine. Ça porte un nom récent, anglicisé, mais c’est vieux comme le monde: après le B2B et le B2C, on revient aux fondamentaux, le H2H, Human to Human*

* Formule de Bryan Kramer à découvrir dans cet article.
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Candidature Cloudwatt ... de bonnes nouvelles !

Viviane Chaine-Ribeiro, administratrice de Cloudwatt, avait bien voulu répondre à ma candidature et a eu la gentillesse de faire la suivre au cabinet de recrutement mandaté. Néanmoins, un candidat bien plus qualifié que moi a eu les faveurs du Conseil de Surveillance : Didier Renard, ex-broker en Cloud qui avait écrit une chouette lettre ouverte à François Hollande lors de sa visite dans la Silicon Valley en février dernier.


Je m'incline, et je m'en réjouis ! J'ai eu la chance d'interagir rapidement avec Didier avant sa nomination, et plus intensément depuis, et je suis fan ! Il a pris le temps de m'écouter présenter mon programme en détail, et de nous expliquer sa vision (il se présente sur le blog de Cloudwatt). A tous ceux qui ont exprimé leur adhésion à la vision que je proposais au travers du soutien à ma candidature, je voudrais vous dire : ne soyons pas déçus.
Et maintenant du coup ? On tourne la page ? C'est bien tentant d'aller voir ailleurs, il y a tant de combats à mener ! L'identité numérique par exemple, sujet sur lequel le SGMAP a lancé une consultation il y a un an maintenant et qui pourrait mener au réveil du programme IDNUM qui, il y a 4 ans, a eu du mal à démarrer (il serait peut-être de mauvais esprit de dire ici que La Poste, qui était dans le consortium IDNUM, avait un conflit d'intérêt avec son propre service d'identité numérique).

Nous avons tout de même demandé à Didier Renard si on pouvait faire quelque chose pour l'aider à bien démarrer son mandat. Si dans l'absolu, il peut clairement faire sans nous, puisqu'on est là, qu'on est motivés et qu'on s'est quand même, avouons-le, attaché aux quelques personnes dont on a pu faire la connaissance, pourquoi ne pas en profiter ? Nous allons y réfléchir ensemble ... "When life gives you lemons, make lemonade", vive l'effectuation !

mercredi 30 avril 2014

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L'heure du pivot pour l'association des centraliens

Avec la fusion de Centrale et Supélec, les association d'Alumni vont suivre. Ne serait-ce pas l'occasion de se réinventer un peu ? Nous avons écrit à celle des Centraliens pour proposer un Reboot de la revue interne :

"Chère Catherine,

Suite à notre entretien je te mets par écrit mes propos pour référence.

La cause de l'association se doit d'être : promouvoir le rayonnement de l'excellente ingénierie à la française. 

Sans remettre en cause les activités actuelles (carrière, entraide, etc.), nous devons nous focaliser sur cette Raison d'être pour laquelle nous sommes à la fois Pertinents (au sens : nous avons les moyens, la capacité d'action) et Légitimes (au sens : nous sommes les mieux positionnés pour agir, à égalité peut-être avec IESF).

Le nouveau logo de CentraleSupélec
C'est grâce à ce parti-pris affirmé pour une Cause que nous revigorerons notre communauté qui désaffecte l'association car elle n'y trouve pas de sens. Ce dessein est d'autant plus noble qu'il est contributif à la société en général, supérieur à nos petits intérêts individuels ou communautaires, et donc s'engager dans l'association devient une démarche altruiste et non plus corporatiste. Nous les Centraliens, nous mobilisons au sein de l'association pour servir la société.

Venons-en au rapport avec la Revue. Concrètement, s'engager sur cette voie impliquerait pour la Revue de devenir une publication spécialisée sur l'innovation, l'entrepreneuriat, et le leadership de demain ("Leader, Entrepreneur, Innovateur"...), en langue française. Disponible à tous publics, sur le web, par abonnement et en kiosque, à l'image des nombreuses publications qui existent en anglais sur ce domaine (Wired, FastCompany, TechCrunch, Harvard Business Review, etc.). L'existence de ces revues prouve qu'il y a un marché mais il y a malheureusement un manque cruel en langue française, au grand détriment de notre écosystème #FrenchTech (qui s'étend à tous les pays francophones). La rentabilité de la revue en serait assurée et les retombées positives sur la communauté Centrale Supélec seraient conséquentes en terme d'aura et de réputation. La place est à prendre, nous en avons les moyens !

Nous garderions bien entendu une section dédiée à notre communauté, mais la couverture et l'essentiel des pages intérieures seront des articles de haute qualité pour lesquels aucun corporatisme ne saura influencer le verdict d'un rédacteur en chef qui sera garant d'une ligne éditoriale forte. Je n'ai aucun doute que nous trouverons des personnes très qualifiées pour contribuer vu étant donné qu'à ce jour elles n'ont aucune plate-forme sur laquelle s'exprimer.

Je reste tout à votre disposition si vous souhaitez m'entendre donner plus de détails sur cette vision."

mercredi 23 avril 2014

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Appel à l'indignation face à la mise en examen de Nicolas Colin

Jean-Christophe Despres résume magnifiquement la situation dans cet article de La Tribune : Nicolas Colin est mis en examen pour un article de blog qu'il a écrit fin 2013 sur l'incapacité de la G7 à réagir face à l'arrivée d'acteurs innovants dans sa filière.


Nous avons demandé à Maud Franca la permission de reprendre ses mots que nous avons trouvés si justes pour expliquer notre soutien :
Nous signons cette pétition car les enjeux de l'innovation sont cruciaux pour l'avenir de notre pays. Ils ne peuvent être brimés par la volonté de certains de retarder une transformation inéluctable. Les conservatismes et réactions de peur face à l'avenir ne peuvent être des solutions. Dans l'histoire, ils ont toujours conduit au pire. Rien de bon. Ils impliquent de subir l'avenir plutôt que de le maîtriser et nous mettent dans une attitude défensive néfaste. La France ne peut se permettre de regarder les trains passer et de voir les autres pays avancer sans elle. Le changement est là et nous ne pouvons faire la politique de l'autruche ou manquer de vision.  Monde nouveau ne signifie pas faire table rase du passé. Tout est continuité et mémoire. Toutefois des modèles économiques et sociétaux arrivés à bout de souffle nécessitent des ruptures. Le renouveau est dans l'ordre des choses. Et l'important dans ces sujets est aussi celui de la régulation.
Par ailleurs, nous signons car la liberté d'expression est un droit fondamental. Il est regrettable que dans notre pays, celui des Lumières, on en arrive à faire un procès en diffamation parce que quelqu'un, qui soit-il, exprime ses idées.
Enfin nous signons car Nicolas Colin a eu le courage et l'intelligence de soutenir le changement, ne fusse-t-il parfois des plus populaires. Le courage de secouer nos inerties.
Nous invitons chacun à signer cette pétition dès lors qu'il partage aussi ces convictions sur l'avenir :

Le lien vers la pétition sur change.org :
 #TousavecColin



Duc et Yanai


Pour se faire sa propre idée, voici l'article original :
http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20131015trib000790737/taxis-vtc-les-fossoyeurs-de-l-innovation.html

Existe également en version anglaise pour vos amis anglophones :

lundi 21 avril 2014

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Pour l'hébergement des données publiques par Cloudwatt

Liberté, égalité, fraternité ... données !

Une composante importante de la modernisation de l'Etat s'effectue au travers de la mission ETALAB, qui a inauguré il y a de cela quelques mois son excellent portail data.gouv.fr de partage de données ouvertes. Dans son audition au Sénat, son directeur Henri Verdier explique qu'en fait ce n'est pas l'Etat qu'il modernise mais la nation tout entière. Chaque citoyen peut en effet venir apporter ses propres données sur le portail, et les conséquences de cette mise à disposition vont se ressentir bien au-delà de la coopération entre les services de l'Etat.

Lancement de la v2 de data.gouv.fr le 18 décembre 2013
en présence de F.Pellerin, M. Lebranchu et J-M. Ayrault
Il observe que la culture "données" n'a pas encore fini de se développer au sein des administrations, et notamment il anticipe l'émergence d'une distinction entre données personnelles (attachées à un individu) et données privées (considérées intimes par l'individu).

Mais où donc héberger toutes ces données ?

Bien entendu, en France, sur notre territoire. Après, les données étant en libre accès, il n'est pas forcément nécessaire de les stocker dans un "bunker numérique". Eh oui, on constate là que souveraineté ne va pas nécessairement de pair avec "haute sécurité". Est-ce que pour autant on peut se contenter de prendre l'hébergeur le moins-disant ? Je ne le pense pas.

Car on perçoit nettement dans les propos d'Henri Verdier (de la minute 20 à la minute 40) tout le potentiel qui va progressivement se révéler à mesure que le portail s'enrichira de contenu, d'acteurs, et de processus. Ce qui semble aujourd'hui être une anecdote dans le paysage numérique de l'Etat, est amené à devenir à terme une infrastructure majeure de son fonctionnement. Et lorsque les services de la gendarmerie ou de la santé s'appuieront sur ce portail pour coordonner leur action sur le terrain, alors la qualité de l'hébergement deviendra cruciale : l'intégrité des données bien sur, mais aussi les temps de réponse, la continuité du service, et enfin la maîtrise de l'accès car même s'il est libre, il convient de s'assurer que personne n'utilise ces données à mauvaise escient.

C'est pourquoi j'estime qu'à un horizon 5 ans, il est crucial d'héberger les données de l'ETALAB au sein de la seule infrastructure Cloud souveraine qu'il nous reste en France : Cloudwatt. J'espère que Didier Renard, nouveau président de Cloudwatt, pourra y parvenir, coûte que coûte.

Pour bien s'imprégner des enjeux de l'open data et de la situation de la France à ce jour, cliquez sur l'image pour lancer la vidéo dans un nouvel onglet, et allez à 20'20" :
Julien RENCKI et Henri VERDIER sur l'accès aux documents administratifs et aux données publiques 


mercredi 16 avril 2014

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Identité numérique : ne lâchons rien !

Dans la relation de "confiance" établie entre les géants du net et les individus du monde entier, il est un enjeu fondamental qui reste trop méconnu: celui de l'identité numérique.

La multiplication des outils et services en ligne que nous utilisons a été accompagnée d'une multiplication des logins et mots de passes à retenir pour accéder à ces services. Du moins jusqu'à ce que ces services commencent à lourdement s'interconnecter.

Car désormais, il est très difficile de lancer un service en ligne sans proposer un login social, appuyé sur ceux des géants Facebook, Twitter ou Google. L'intérêt pour le nouveau service: parcours client simplifié (donc taux de conversion élevé à l'inscription), profil enrichi instantanément (photo, âge, statut marital), et un accès privilégié à l'outil de base de la croissance: votre liste de contacts. Pour l'usager également, le calcul est vite fait. Pas de nouveau login, mot de passe, pas de 'captcha' ou de nouvel email de vérification, et l'assurance d'une meilleure sécurité. Car on peut certainement faire plus confiance à Facebook pour essayer de protéger sa base d'utilisateurs et mots de passe qu'à une jeune startup qui doit se concentrer sur ses problèmes de croissance. L'exemple du hack de Snapchat, une app dont on attend pourtant un grand focus sur la sécurité, nous l'a bien rappelé.



Aujourd'hui, ils sont une poignée dans le monde à se disputer ce marché de l'identité numérique: les suspects habituels et déjà bien identifiés - Google, Facebook, Twitter - mais aussi, plus discrètement, Apple, Microsoft, et... Salesforce ! Car il existe aussi un sous-marché centré sur l'identité numérique professionnelle.

Ceux qui tiennent nos logins ne sont pas seulement des prestataires de service: ce sont eux qui tiennent les clés d'accès au marché (nous) pour les prochaines grandes applications, ludiques, sociales ou professionnelles.

Tout a démarré avec Microsoft

On se souvient de Napster, qui est mort en ouvrant la voie de la disruption numérique dans la musique, au grand bénéfice d'Apple. De même, Microsoft a lancé en 1999 un programme d'identifiant numérique appelé Passport. Si on ne parlait pas d'identité numérique à l'époque, tous les éléments y étaient: il suffit pour s'en convaincre de lire ce communiqué de presse sur Hailstorm, un des services développés avec Passport. Extrait :

“ For instance, a task such as booking a flight using an online travel reservation service will become much more effective. "HailStorm" will help enable the travel service to automatically access the individual's preferences and payment information. If traveling on business, a users affiliation with their company's "HailStorm" group identity makes it possible for the travel service to automatically show only the choices that meet the traveler's individual preferences and which adhere to the companys travel policies. 

Nous sommes en 2001 (le communiqué parle de PDA), et l'expérience décrite ne paraît absolument pas choquante. Mais pourtant le marché n'était pas prêt, et les critiques sur le non-respect de la vie privée et des pratiques commerciales déloyales on forcé Microsoft, comme Napster dans le mp3, à faire marche arrière. 

Car facebook n'existait pas encore. Et aujourd'hui, les sensibilités ont évolué, et on confie volontiers à de nombreux opérateurs privés, basés à l'étranger, nos informations sociales, nos liens familiaux, nos statuts maritaux (plus là-dessus un peu plus loin).

Il faut dire que l'offre est attrayante: Google propose avec un identifiant - personnel sur Gmail ou professionnel via Google Apps - des services convergés d'email, d'espace de stockage en ligne, outils collaboratifs. Mais aussi des outils de paiement avec Google Wallet. Et une arme de choix dans cette stratégie de déploiement est la forte intégration avec les smartphones fonctionnant sous Android.

LinkedIn suit une voie similaire avec un focus accentué sur l'identité professionnelle, en offrant un login social à de nombreuses applications, et en faisant converger une pléthore d'outils et services développés ou acquis ces derniers temps: une nouvelle interface de gestion des contacts, Slideshare, l'outil de partage en ligne de présentations professionnelles, ainsi que Pulse, qui vous permet de suivre ce que les gens de votre réseaux lisent et partagent en ligne. Et comme ses concurrents, LinkedIn n'est pas à l'abris d'un faux pas : son CEO Jeff Weiner a en effet décidé de suspendre son service "Intro", pour lequel le grand public n'était pas prêt. Mais le schéma est aujourd'hui clair, et il ne faut pas en douter : il finira par revenir !

La particularité de LinkedIn, c'est qu'ils visent un marché pour l'instant distinct de Facebook, puisqu'ils s'intéressent à l'identité professionnelle, cherchant à capter de l'information sur la nature des échanges professionnels. Et il ne faut pas oublier un avantage clé du réseau social professionnel : l'accès à la masse de fournisseurs, clients, partenaires avec lesquels nous échangeons tous les jours. Ils sont peut-être en dehors des systèmes d'identification de Facebook et Google, mais ils sont sur LinkedIn !

La bataille fait rage

Signe de l'importance de l'enjeu: l'alliance avec Apple, qui a accueilli LinkedIn dans iOS. Même si peu d'applications en tirent profit aujourd'hui, c'est un avantage concurrentiel énorme, les iPhones et smartphones Android représentant la vaste majorité des téléphones professionnels.

Mais dans la bataille, il ne faut pas oublier Microsoft, qui contrairement à Napster, n'est pas mort, et a préservé son "Passport", qui est devenu le ".NET Passport", et renaît aujourd'hui sous le nom de "Microsoft LiveID". Cet identifiant est obligatoire pour utiliser la dernière version de son système d'exploitation, Windows 8, ainsi que ses outils de bureautique en ligne Office 365, et est déjà riche de plus de 300 millions d'utilisateurs.

Si en plus Microsoft parvient à redynamiser Yammer, le réseau social professionnel, en le rapprochant de son LiveID, et choisit de continuer d'imposer le même LiveID aux utilisateurs de ses smartphones (le rachat de Nokia servant avant tout à déployer auprès du public une vaste infrastructure pour accueillir ses services, à l'instar de l'iPhone et des smartphone sous Android), il restera un concurrent sérieux face au autres forces en présence.

Citons sans rentrer dans le détail quelques autres grands fournisseurs de "login sociaux" : Apple (votre AppleID sert à accéder aux services iCloud, iMessage, acheter des logiciels en ligne et même en présentiel dans les Apple Store, sans sortir sa carte bleue), Twitter, Yahoo!, Tumblr (détenu par Yahoo!), PayPal, Foursquare...

Un enjeu de société... et de souveraineté!

Lorsque Facebook propose à ses utilisateurs de déclarer leur situation personnelle en des termes comme "c'est compliqué", "partenariat domestique", ou "relation libre", la firme de Mark Zuckerberg est en rupture avec l'état civil Français. On peut certes y voir un reflet de notre temps, où les cases à cocher dans nos documents administratifs ne reflètent plus la complexité de nos liens avec la société. Je pense d'ailleurs que critiquer l'obsolescence de ces standards est tout à fait justifié. Mais c'est dans le pouvoir laissé à une puissance étrangère (et non-gouvernementale, d'ailleurs) que le bât blesse : c'est un codeur qui choisit quels champs sont disponibles, et non un législateur souverain, soucieux de la défense d'un intérêt national basé sur des valeurs, des règles de vie. 

De la même façon, c'est Facebook qui décide de l'âge à partir duquel un mineur a le droit d'avoir un compte sur sa plateforme (13 ans), ou la nature des informations autorisées à y circuler.

Mais c'est trop tard, non ?

Face aux moyens en présence, l'initiative d'identité numérique de la Poste (https://www.idn.laposte.fr/) peut paraître bien fragile. Mais elle a le mérite d'être une véritable initiative souveraine, et il serait bon qu'elle parvienne à assumer et être fidèle à cette mission.

Fragile, car on le sait, l'économie numérique est globale et il est impossible de rattraper un leader qui a pris la position dominante sur une industrie. Nicolas Colin l'exprime très clairement1  :

“ Dans l’économie numérique, les marchés sont toujours concentrés à l’échelle globale du fait des effets de réseau et d’une architecture toujours conçue pour la participation. Une fois qu’une position a été prise par une entreprise américaine, il n’y a plus de rattrapage possible par une entreprise d’un autre pays. [..] Sauf à ce que l’entreprise dominante s’endorme sur ses lauriers (= MySpace défait par Facebook), il n’est plus possible de partir à l’assaut d’une filière une fois que sa transformation numérique est achevée. ”

C'est vrai dans la plupart des domaines, et plutôt que de créer un Google français ou un Amazon français, les entrepreneurs et innovateurs d'aujourd'hui ont intérêt à se concentrer sur des industries qui n'ont pas encore été conquises par le numérique, et tenter d'aller cette fois plus vite que les américains.

Néanmoins pour l'identité numérique, c'est différent car il s'agit là de la plate-forme unificatrice sous-jacente à l'économie toute entière : si nous ne sommes qu'au début de ce choc de "numérisation", cette période de chaos durant laquelle toutes les industries vont être bouleversées les unes après les autres, il apparaît déjà que ces bouleversements s'appuieront toujours sur des outils d'identification numérique et le stockage de données personnelles (santé, assurance, banque, emploi, services administratifs, etc.). L'enjeu est donc tel que nous avons le devoir de proposer une offre alternative, souveraine, qui ne dépende pas des CGV des géants américains et de leurs accords avec la justice ou le gouvernement de leur pays.




1. [Lire à ce propos son billet complet : http://colin-verdier.com/l-industrie-du-taxi-a-la-frontiere-de-l-innovation]    

samedi 12 avril 2014

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Desrtr

Monsieur le Président
Je vous poste un billet
A vous faire imprimer
Par votre chambellan
Mes amis m'ont appris
La mise en examen1
De mon ami Colin
Pour propos insoumis2


Monsieur le Président
Je rêve que la France
Se maintienne en avance
Des pays innovants
C'est pas pour vous fâcher
Il faut que j'en rajoute
L'ennemi sur la route
C'est le fils Rousselet

C'est pas très compliqué
Avec l'ami Henri
Ils ont tout bien écrit3
Ils ont tout expliqué
Croire que l'on peut freiner
Les vrais innovateurs
Juste en leur faisant peur
C'est là le vrai danger

Car si le monde entier
Rit de notre déroute4
Il ne fait aucun doute
Que peu vont nous aider
Nous devons commencer
Par nous aider nous-mêmes
Dans notre écosystème
Aux rentes nous attaquer


S'il faut des avocats
Plutôt que décrets5
Créons des sociétés
Comme le fait Nicolas6
S'il n'y a qu'un lobby
Pour votre servitude
C'est bien la multitude
C'est la démocratie

Oublions les taxis
Les ambitions d'Uber
Dépassent cette guerre
Soignons notre myopie
Les enjeux de demain
Ce sont les plateformes
Qui relieront les hommes
D'un pays souverain




Allez, et puisqu'il nous reste 3:30, on se ré-écoute la version originale, inimitable :




1. [http://www.latribune.fr/opinions/editos/20140410trib000824685/l-innovation-merite-t-elle-une-mise-en-examen.html]    
2. [http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20131015trib000790737/taxis-vtc-les-fossoyeurs-de-l-innovation.html]    
3. [http://www.amazon.fr/L%C3%A2ge-multitude-Entreprendre-gouverner-r%C3%A9volution/dp/2200277830/]    
4. [http://www.nytimes.com/2014/03/23/business/international/some-french-entrepreneurs-say-au-revoir.html]    
5. [ http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/20140205trib000813763/le-delai-de-15-minutes-pour-les-vtc-suspendu-par-le-conseil-d-etat.html]    
6. [http://www.thefamily.co] et [http://www.meetair.co]    

jeudi 10 avril 2014

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Gouvernance de Cloudwatt: oser Holacracy


Quand une ville double de taille, on estime que la productivité et la créativité par habitant croît de 15%. Pourtant dans les entreprises privées, la tendance est inverse : plus elles sont grosses, moins elles innovent ! C'est assez naturellement que certains sont donc allés chercher à adapter les organisations pour les faire plus ressembler à des villes. Avec peut-être un maire, mais surtout des citoyens maîtres des leur destin, mus par une Raison d'Etre, qui évoluent en entretenant des liens forts avec un petit groupe restreint et de nombreux liens faibles avec un "public" de tous les jours.

C'est ainsi que démarre la petite histoire de Holacracy(tm), le modèle organisationnel proposé par Brian Robertson aux Etats-unis, et rendu fameux depuis que Zappos a décidé d'adopter ce mode de gouvernance. L'histoire est racontée avec un peu plus de détails par Bernard-Marie Chiquet qui promeut ces méthodes en France au travers de son entreprise, et par une petite BD sur l'HolacracyTM disponible gratuitement en ligne (mais n'hésitez pas à acheter la version papier pour l'offrir!).

Avec ses 1500 staffs à Zappos,
Tony Hsieh mis sérieusement, à l'Holacracy...
Sous l'influence du succès de notre pratique du développement Agile, nous nous sommes assez naturellement intéressés au Management 3.0 ce qui nous a conduit à regarder de près Holacracy(tm). Et voici à quoi ça ressemble.

Dans le modèle traditionnel, on a un chef, et un seul chef. Les autres personnes avec lesquelles on travaille sont considérées comme des clients/fournisseurs internes, parfois appelés "chefs en pointillé" ("dotted line") dans les organisations matricielles. Mais dans l'ensemble, un individu a un et un seul chef au-dessus, et peut avoir entre 0 et n collaborateurs en-dessous. C'est cette contrainte qui donne des organigrammes en pyramide. D'un point de vue base de donnée, on appelle cela une relation 1-n (1 chef pour n collaborateurs).

En Holacracy(tm), deux grandes nouveautés : 
  1. on accepte la réalité que le lien hiérarchique est une relation n-n
  2. on accepte la réalité que le lien hiérarchique varie très souvent

En conséquence il faut découper très finement en différents rôles la fiche de poste d'un individu, et pour chaque rôle identifier qui est le chef pour ce rôle.
On n'a plus un seul manager mais plusieurs en fonction des différents rôles que l'on tient dans l'entreprise. Il faut donc contenter tout le monde, et bien sur, on ne choisit pas ses différents managers.
Les rôles qui vont ensemble sont regroupés en cercles.
Chaque cercle a son chef et les cercles sont hiérarchisés
Si cela a des avantages, cela reste assez compliqué à gérer et on comprend vite pourquoi avant l'ère numérique, ce type d'organisation n'était pas envisageable à grande échelle : il faut mettre en place un processus assez lourd pour adapter de manière continue et agile les différents rôles des différents individus, résoudre des conflits de superposition, les vides interstitiels, les priorités... Un outil informatique est nécessaire pour garder trace de sa propre fiche de poste qui devient détaillée et exhaustive.

Je pense que c'est un mode de fonctionnement qui convient bien à une organisation :
  • pas trop grande, disons moins de 250 employés car plus il y a d'interactions possibles plus la complexité augmente ;
  • de préférence sur un seul site où tout le monde parle la même langue car des échanges nombreux et réguliers son nécessaires pour ajuster en permanence les rôles ;
  • qui bossent dans les technologies de l'information car c'est une approche très très systématisée, inspirée par le mouvement Agile ;
  • dotées d'une culture sensible à l'open source puisque toutes les fiches de postes sont partagées de manière transparente en ligne ;
  • avec beaucoup de cadres ou d'employés très autonomes afin de compenser la dilution de l'autorité parmi plusieurs personnes d'une part, et parce que cette diversité demande de fortes capacités d'abstraction ;
  • ayant l'innovation au coeur de leurs enjeux, un bénéfice attendu de la part de cette gouvernance ;
  • idéalement plutôt jeune afin de limiter le passif de trop d'années passées en mode traditionnel
  • qui ont une Raison d'être bien définie pour les porter afin de donner une cohésion d'ensemble en l'absence d'un figure inspiratrice unique (le chef).

Pour Officience, la société de services numériques que nous avons cofondée en 2006, nous y avons beaucoup réfléchi ces derniers temps car elle coche pas mal de cases... mais pas toutes ! Nous avons donc finalement continué sur notre propre voie, ce qui est une autre histoire.

Par contre, est-ce que Cloudwatt ne serait pas un bon candidat ? Je pense que la question mérite d'être soulevée...