samedi 18 avril 2015

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Middle manager : un bullshit job ? Pas si simple...

Pour modéliser simplement la notion de manager, je propose de la découper en 2 grandes fonctions : le superviseur et le leader.

 > Les rôles du superviseur sont ceux qui consistent à diminuer le "transaction cost" cher à Ronald Coase, c'est à dire : rendre compte de la réalité du terrain, transmettre les ordres, synthétiser l'information, la partager vers le haut, le bas, les cotés à d'autres superviseurs, afin de pouvoir planifier l'action commune.
Il manipule les flux marchands avec son entourage (perception du monde tangible, flux financiers) dans le but d'atteindre un objectif planifié: Frank Underwood est un manager-superviseur
 > Les rôles du leader sont ceux qui visent à rendre les productifs plus performants grâce aux enseignements de la psychologie positive (aussi connue, avant 1945, sous le nom de "bon sens") : la fonction totémique (porter la parole du groupe, l'emblématiser auprès de ses membre comme de l'extérieur), la promotion du rêve partagé (la raison d'être, le sens, le why, le meaning, les causes ... appelez-ça comme vous voulez), maintenir l'inspiration, la motivation (Maslow, la théorie Y de McGregor, Autonomy/Mastery/Purpose de Dan Pink... ).
Il échange des flux non-marchands (empathie, confiance) dans le but du dévelopement personnel de son prochain, au nom d'une cause supérieure : Yoda est un manager-leader
C'est la fonction Superviseur dont les jours sont comptés. La fonction Leader elle est plus que jamais nécessaire, mais comme le souligne Christophe Thuilllier d'Agesys on ne devient leader que quand quelqu'un décide par lui-même de vous suivre (à chacun de choisir son "grand coach"), et non pas par assignation venant d'une autorité supérieure.

Les "bullshit jobs" apparaissent quand un manager-superviseur ne trouve plus de travail de supervision à faire (avec l'information liquide, les productifs sont de plus en plus autonomes, ils recoivent la bonne info au bon moment automatiquement), alors il s'en invente, ajoute des contrôles, des rapports, etc. Il faudrait qu'il s'attelle à devenir leader, ou consacre une partie de son temps à être productif, mais malheureusement le plus souvent ce n'est pas ce que sa hiérarchie lui demande. Redevenir productif serait vu comme une déchéance (comment alors justifier mon salaire ?). Devenir leader c'est très risqué (comment faire pour que plus de gens me suivent, de leur plein gré ?), peu tangible. Or les chefs au-dessus veulent des KPIs, du mesurable, bref poussent le manager à continuer un simulacre de supervision, c'est plus rassurant pour eux...


Merci à Anais qui m'a inspiré cet article par le partage. Allez la lire !