mercredi 3 juin 2015

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L'oeuf ou la poule, je sais pas, mais l'homme ou la boite, je sais !

Hier au salon du bien-être au travail, Vincent Avanzi a monté un panel assez barbare, avec Axelle Tessandier et Raphael Thobie. Au menu bien sur du sens, de l'humanité, de l'authenticité, de la génération Y. En conclusion, il nous a demandé comment on voyait l'entreprise de demain. J'ai fait mon coming out : je pars en campagne pour l'abolition du mot "entreprise". A nouveau monde, nouveaux modèles, à nouveau modèle, nouveaux mots.

Salon Vitaelia, Juin 2015
Rappelons-nous que les entreprises, comme les associations et plus généralement tout ce qu'on appelle "personne morale", ne sont pas des vraies personnes, mais de simples conventions sociales, des constructions mentales partagées, qui nous sont fort utiles pour mieux vivre ensemble, fournissant un échelon intermédiaire entre le bien commun (l'air qui est à tout le monde) et la propriété privée individuelle (celle qui fut inventée par le premier homme qui bâtit une clôture autour d'un terrain en déclarant "cette terre est à moi et tout ce qui en sortira sera à moi").
C'est une convention tellement pratique qu'on a fait des lois pour faciliter la manipulation de ce concept, ce qui permet par exemple d'aller ouvrir un compte en banque au nom d'une personne morale, de lui transférer un responsabilité qui limite celle des hommes, etc.
Ce n'était pas la seule option. Par exemple, on aurait pu imaginer collectivement le concept de "cause", convention de l'esprit tout aussi impalpable, déclarer que ces causes existent, et permettre à tout quidam d'ouvrir un compte en banque au nom de l'égalité des sexes, de la protection des rhinocéros... Evidemment plein de problèmes apparaissent, mais il n'est pas prouvé que ces problèmes soient plus complexes que ceux auxquels nous faisons face avec nos "personnes morales".

Quoi qu'il en soit, organisations ou causes, tout cela n'existe pas, ce qui existe, ce que je peux voir et qui éprouve des sentiments, c'est mon prochain. La brique fondamentale de notre société, c'est l'être humain, toutes les constructions autour sont là pour le servir.

Je vous propose donc de revenir à l'échelle de l'homme, et de ses échanges. Nous verrons de là comment a émergé le modèle de "boite", d'entreprise, et de là, le secret de l'efficacité de l'approche taylorienne.

Puis, en examinant l'impact des nouvelles technologies sur notre monde, je vais essayer de vous convaincre au travers des quelques prochains articles, que la transformation numériques est une dé-taylorisation de l'économie, une dé-fordisation de la société.